L’économie palestinienne affiche une croissance fragile dans un contexte de défis persistants
L’Institut palestinien de recherche sur les politiques économiques (MAS) a publié la 84e édition de son Observateur économique, mettant en lumière les défis continus auxquels l’économie palestinienne a été confrontée tout au long de l’année 2025. Le rapport souligne que, malgré une amélioration de certains indicateurs économiques par rapport à 2024, les niveaux d’activité économique, de production et de revenus demeurent inférieurs à ceux d’avant-guerre, tandis que les déséquilibres structurels et les pressions sur les ménages, les entreprises et les finances publiques continuent de s’aggraver.
Le rapport analyse les évolutions du quatrième trimestre ainsi que les résultats de l’ensemble de l’année 2025 dans un contexte politique, économique et social particulièrement difficile. La première partie présente une évaluation détaillée des principaux secteurs économiques, des questions de développement social et des politiques économiques, tandis que la seconde partie examine plusieurs thèmes économiques d’intérêt local et régional.
Bien qu’un cessez-le-feu ait été annoncé au cours du dernier trimestre de l’année, 2025 n’a apporté que peu d’améliorations par rapport à l’année précédente. Les destructions humaines, économiques et matérielles à Gaza ont atteint des niveaux sans précédent, tandis que les restrictions de circulation en Cisjordanie se sont intensifiées avec la multiplication des points de contrôle et l’expansion des colonies israéliennes. La crise financière persistante de l’Autorité palestinienne, aggravée par la suspension prolongée du transfert des recettes de dédouanement depuis le milieu de l’année, a également pesé lourdement sur l’économie.
Selon le rapport, l’économie palestinienne a continué de subir les répercussions de la guerre, malgré l’apparition de signes de reprise partielle de la demande et de la production par rapport à 2024. Toutefois, ces indicateurs restent en deçà des niveaux observés avant le conflit.
Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 4,3 % en 2025 par rapport à 2024, atteignant 12,46 milliards de dollars. Cette croissance s’est répartie entre une hausse de 3,4 % en Cisjordanie et une augmentation de 34,2 % dans la bande de Gaza.
Sur le marché du travail, le taux de chômage en Cisjordanie s’est établi à 28,7 % en 2025, soit une baisse de 2,8 points de pourcentage par rapport à l’année précédente, mais un niveau toujours supérieur de 10,3 points à celui enregistré en 2023. Le salaire journalier moyen a atteint 136,5 shekels, tandis que 16 % des salariés du secteur privé percevaient un revenu inférieur au salaire minimum.
Les finances publiques sont restées sous forte pression. Les recettes publiques nettes et les dons ont totalisé environ 11,2 milliards de shekels en 2025, contre 11,7 milliards l’année précédente. Les dépenses publiques ont diminué de 10,2 % pour s’établir à environ 12,9 milliards de shekels. Le déficit budgétaire global avant aides et subventions a atteint 3,6 milliards de shekels, tandis que les engagements financiers en souffrance du gouvernement ont atteint 18,8 milliards de shekels. La dette publique, exprimée en dollars américains, a augmenté de 13,9 % pour atteindre environ 4,8 milliards de dollars.
Le secteur bancaire a affiché une certaine résilience. Les facilités de crédit ont progressé de 5,4 % pour atteindre 12,6 milliards de dollars, dont 26,6 % accordés au secteur public. Les dépôts des clients ont augmenté de 16,4 % pour atteindre près de 21,9 milliards de dollars, tandis que les bénéfices des banques ont bondi à 132,8 millions de dollars, contre 43,1 millions de dollars en 2024.
Par ailleurs, la Bourse de Palestine a enregistré de solides performances. La capitalisation boursière des sociétés cotées a atteint 4,9 milliards de dollars à la fin de 2025, en hausse de 21 % par rapport à l’année précédente. L’indice Al-Qods a clôturé à 619,66 points, soit une progression annuelle de 24,4 %.
L’inflation est demeurée une préoccupation majeure, enregistrant une hausse de 10,5 % en 2025 par rapport à 2024, ce qui a réduit le pouvoir d’achat des ménages. Les personnes percevant leurs revenus en dollars américains ou en dinars jordaniens tout en effectuant leurs dépenses en shekels ont vu leur pouvoir d’achat diminuer d’environ 17,3 %, sous l’effet combiné de l’inflation et de la baisse du dollar face au shekel.
La seconde partie du rapport aborde cinq thèmes principaux, notamment une étude sur la structure et l’évolution des colonies israéliennes en Cisjordanie, l’augmentation progressive de la participation des femmes au marché du travail palestinien, les droits économiques et sociaux dans le projet de Constitution provisoire de l’État de Palestine, les effets du recul du dollar américain sur l’économie palestinienne, ainsi que le rôle de la Banque mondiale dans le financement des projets de développement en Palestine.